Vietnam : trois semaines pour aider!

Nouvelle | Publié: 04 février 2019

Par Karen Densky, conseillère en enseignement de l’anglais à des fins précises, volontaire du programme Uniterra


Que pourrai-je bien accomplir en trois semaines? Je me suis posé la question lorsque j’ai accepté mon mandat Congé solidaire au Vietnam. Mon objectif était d’améliorer la qualité de l’enseignement de l’anglais au Saigon Hospitality and Tourism College (STHC), afin d’ultimement améliorer les compétences langagières des étudiant-e-s cherchant à faire carrière comme guides touristiques, chefs et employé-e-s de restaurants ou d’hôtels.

Au Vietnam, les secteurs de l’hospitalité et du tourisme recèlent un potentiel énorme pour les femmes qui cherchent à y faire carrière. En 2017, l’industrie du tourisme a généré 4 061 000 emplois directs et indirects au pays et ce nombre continue à augmenter. Cependant, les Vietnamiennes se butent encore à de nombreux obstacles qui les empêchent d’accéder à des emplois équitables et gratifiants. Par exemple, les salaires des femmes sont sensiblement inférieurs à ceux des hommes malgré le fait qu’elles ont globalement le même niveau d’éducation.

Le STHC est une institution où de nombreuses femmes, professeures et étudiantes, cherchent à réduire les inégalités salariales et à améliorer leurs conditions de vie en se préparant pour mener de grandes carrières. Mes principaux contacts ainsi que la plupart des professeur-e-s d’anglais au STHC étaient des femmes, tout comme dans la majorité des endroits que j’ai connus dans le monde de l’enseignement de l’anglais. Mon mandat était donc d’aider ces professeures d’anglais à gagner en confiance et à devenir des modèles de rôle et des accompagnatrices plus efficaces pour leurs étudiantes.

Comme je n’avais que trois semaines, il n’y avait pas une minute à perdre; pas question de se laisser déranger par le décalage horaire! J’ai choisi d’arriver à Hô Chi Minh-Ville un samedi, histoire d’avoir une journée pour me remettre du voyage avant de commencer le travail. Cette première fin de semaine m’a également permis de m’acclimater à la chaleur et à l’humidité, à la nourriture (aussi nouvelle pour moi que délicieuse) et par-dessus tout à la marée constante de scooteurs dans les rues. Étant moi-même une motocycliste, j’ai été très impressionnée par cette danse incessante des scooteurs, à la fois chaotique et harmonieuse.

La première semaine, mon but était d’écouter, d’observer, de prendre conscience des normes culturelles et de forger des relations. Il me fallait gagner la confiance des professeures et leur assurer que j’étais là pour aider, et non pas pour entraver ni critiquer leur travail. J’ai mené des observations dans les classes et des ateliers pour les professeures d’anglais. J’ai passé du temps à offrir des suggestions et des exemples d’activités. Surtout, j’ai cherché à communiquer mon amour pour l’enseignement de l’anglais et pour faire de la salle de classe un espace d’apprentissage dynamique. Pour les 2 000 étudiant-e-s suivant les cours d’anglais obligatoires, l’apprentissage de cette langue peut réellement faire la différence entre un emploi médiocre et une carrière formidable. Cela est tout particulièrement vrai pour les femmes, qui sont plus susceptibles de se retrouver avec des emplois moins bien rémunérés dans les coulisses plutôt que de gagner mieux dans des emplois de première ligne où l’anglais est une nécessité.

Pendant mon séjour au Vietnam, j’ai été impressionnée par le professionnalisme du personnel et du corps professoral du STHC. J’ai aussi été impressionnée par l’attitude et l’énergie des étudiant-e-s, dont plusieurs qui se sont offert-e-s pour me faire visiter la ville ou qui ont profité de l’occasion de parler avec moi tous les jours pour pratiquer leur anglais.

En ce peu de temps passé au STHC, j’ai pu bâtir des relations professionnelles significatives qui se poursuivront après la fin du projet. Nous avons réellement pu créer une « communauté de praticiens » qui continuera à exister à travers une plateforme en ligne et grâce à un projet de recherche collaboratif visant à mesurer l’impact des activités menées dans le cadre de mon mandat sur les pratiques d’enseignement.

Les images, les sonorités, les odeurs et les saveurs du Vietnam ont été, pour moi, de nouvelles expériences. Et pourtant, l’engagement et la passion des éducatrices avec qui j’ai travaillé m’ont permis de voir qu’au-delà des frontières, nous partagions dans la salle de classe une même culture et un même rapport à nos élèves. Je suis reconnaissante d’avoir pu partager mes connaissances et mes 28 années d’expérience en enseignement avec des collègues à l’international, apportant ma petite contribution au développement durable du Vietnam à travers la création d’opportunités économiques dans le secteur du tourisme.

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